Les chats noirs de Michèle Desmet

La valse des chatsnoirs

Michèle Desmet, évrivain au grand coeur, aime les chats, y compris les chats noirs, dont elle nous parlera un peu plus loin.
Je vous présente ici "La valse des chats noirs" qui fait partie d’une trilogie écrite par Ardoise, jolie minette grise comme son nom l’indique.
Dans ce numéro 2, Ardoise nous raconte "le bouleversement de sa petite vie tranquille par un déménagement, mais également par l’irruption, dans son quotidien, d’autres félins qui lui donneront du fil à retordre...
Notamment des chats noirs qu’elle enverrait volontiers valser, d’un coup de patte !"


Les chats noirs de Michèle Desmet

Michèle est venue nous raconter l’histoire de ses chats noirs :

Au cours des dernières décennies, j’ai partagé ma vie avec de nombreux chats… Parfois pour quelques mois à peine, parfois pour de très longues années. Chacun d’eux était unique.
Il ne leur a jamais fallu longtemps pour m’apprivoiser ! Car, bien entendu, je ne les ai pas choisis, cette initiative leur revenait.
Comme ce beau site est dédié avant tout à ceux qui portent la nuit dans leur fourrure, je ne parlerai pas ici de la grise et volontaire Ardoise, mon alter ego, qui m’accompagne depuis vingt années et qui me connaît par cœur. Je ne parlerai pas de Geisha, de Charlot, de Gourmande, de Caramel, de Cendrillon … mais bien de la belle et taquine Néfertiti, de Scoubidou ma panthère noire, et du naïf et débonnaire Beau-Lulu.

NéfertitiNéfertiti à la robe de satin brillant, aux yeux d’un lumineux vert pâle, cachait sous une distinction de façade un réel talent d’illusionniste. Distante au début de notre rencontre, puis peu à peu mise en confiance, c’était une chatte des champs, libre de vagabonder à son gré mais ne consentant à prendre ses repas que dans la plus grande solitude, bien à l’abri derrière un muret de notre jardin. Souvent, je me suis étonnée de son prodigieux appétit, avant de découvrir le pot aux roses : elles étaient deux, exactement semblables d’apparence et de comportement, ne se montrant jamais ensemble, jusqu’au jour où j’ai surpris le museau de l’une apparaissant à l’angle du muret, tandis que la queue de l’autre disparaissait à quelque distance de là. A dater de ce jour, se sachant démasquées, Néfer et Titi (eh oui !) ont pris leurs repas ensemble… avant de se refondre, deux ans plus tard, en une seule chatte noire au petit jabot blanc d’avocat. Laquelle a terminé ses jours chez nous ? Je ne l’ai jamais su.

 

Toujours est-il que cette séductrice-née a inspiré une folle passion à deux matous successifs, prénommés Orca et Trilili… Ce dernier, un rouquin gravement atteint par la flèche de Cupidon, préférait se priver de nourriture et de sommeil plutôt que de quitter des yeux sa bien-aimée un seul instant. Celle-ci, excédée par cet amour exclusif et étouffant, réussissait à prendre de temps à autre la poudre d’escampette, laissant derrière elle un désespéré en proie à la plus noire dépression. Puis, au retour de la belle, la love story recommençait.

ScoubidouScoubidou est arrivée dans notre jardin à l’âge de trois mois, chaton affamé en quête d’un toit. C’était une petite boule ténébreuse et angora, minuscule, avec juste trois poils blancs sous le menton, ce qu’on appelait jadis la marque de l’ange, censée préserver les chats noirs de toute appartenance diabolique. Dans ces temps obscurs, il n’était point de salut pour les chats noirs incapables d’exhiber ce signe d’innocence…

Après quelques années passées avec la mère de mon mari, Scoubidou est revenue chez nous lorsque sa « maîtresse » s’est établie dans une maison de retraite où, malheureusement, l’animal dit de compagnie n’était pas admis... Si j’ai mis « maîtresse » entre guillemets, c’est parce que la personnalité dominante du logis n’était pas la bipède réduite en esclavage depuis belle lurette, mais la petite boule de poils devenue, avec le temps, une chatte d’une stature peu commune, superbe et vigoureuse, au regard fulgurant. Il fallait bien la connaître pour savoir que, sous ces dehors de matamore, se cachait une grande timide qui, inexplicablement, avait peur des chats, y compris son propre reflet dans un miroir ! C’est dire si la cohabitation avec ma grise Ardoise était, dès le départ, vouée à l’échec… En fait, elles ne se sont jamais entendues et la maison s’est trouvée, en désespoir de cause, divisée en deux appartements félins : le rez-de-chaussée réservé à Ardoise et l’étage à Scoubidou.
C’est avec ma panthère noire sur les genoux que j’ai écrit mes premiers livres. Le tapotement des doigts sur le clavier de la machine l’apaisait, délivrant les plus voluptueux ronrons. Parfois, elle se plaçait devant l’écran, consciente de n’être pas transparente, et me regardait fixement, l’air de dire : « Hé, est-ce que je ne suis pas plus intéressante que ce que tu écris, là ? »

Bien sûr que si, elle l’était.

Beau-luluAprès les dames, honneur à Beau-Lulu, un matou SDF de pelage semblable par la couleur à celui de Scoubidou, y compris la marque de l’ange, mais à poil ras.
Doté d’une nature affectueuse et d’une gentillesse sans égale, Beau-Lulu n’est pas resté longtemps SDF… Qui aurait eu le cœur de laisser à la rue une créature attachante comme lui ? Ici, point d’orgueil mal placé, pas la moindre susceptibilité. En un mot comme en cent, une crème de chat, « traînant tous les cœurs après soi ».

On pourrait en rester là… mais ce serait loin de lui rendre justice. En effet, ce matou avait une particularité : il éprouvait un amour véritablement maternel pour les chatons !
La première fois que Beau-Lulu nous a présenté un petit protégé, mon mari et moi avons été un peu étonnés, mais bon… C’était peut-être un jeune copain à lui.
Mais après Chaton n° 1, il y a eu Chaton n° 2, puis Chaton n° 3…

A chaque fois, extatique, Beau-Lulu faisait tendrement la toilette du nourrisson, lui présentait le contenu de sa propre gamelle, lui passait sur la tête une langue râpeuse et protectrice… et le mioche, conquis, suivait partout son mentor. Je me demande bien ce que pouvait en penser sa mère biologique, mais personne ne lui a demandé son avis.
Puis, le temps passant, Chaton devenait un jeune adolescent fugueur, et le père adoptif, décu, en était réduit à trouver un autre protégé.
Et Beau-Lulu ne s’en tenait pas là, il déployait également des efforts méritoires pour plaire aux chattes de la maison : et que je fais de l’œil à Gourmande, et que j’offre une petite souris fraîchement tuée à Ardoise… Oui, même à Ardoise, la « cheftaine » au caractère bien trempé !
J’aurais voulu le garder encore de longues années, ce chat au cœur si tendre, mais le destin en a décidé autrement. Il a été emporté en quelques jours par un mal foudroyant. Quand il a senti ses forces décliner, il a accompli sa dernière grande promenade, ce que j’appelle son pèlerinage, aux lieux qu’il avait aimés. Comme tous ceux de sa race, c’est dans la plus grande dignité qu’il s’est éteint, refusant le refuge de la maison pour lui préférer un coin de jardin, par un froid et gris matin de janvier…

* * *

Merci pour ce partage, merci d’aimer les chats, même noirs.
Voici le lien vers son site où vous pourrez retrouver les  aventures d’Ardoise, mais aussi des Nouvelles, des livres vendus au profit d’associations caritatives, rendez-lui visite :

La valse des chatsnoirs

 

retour accueil chatsnoirs.com

retour haut de page

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×