La tendresse attentionnée.


Mon chat noir a le regard franc, deux grands yeux jaunes-verts qui fixent intensément mes iris bleus lorsque je lui parle, un peu comme le fait un enfant face à son instituteur quand celui-ci lui raconte l'histoire de la chèvre de monsieur Seguin.
Il m'écoute, boit mes paroles et ce regard pénétrant est loin de laisser indifférent quiconque le regarde.
Mais mon chat noir n'aime pas les rivières qui coulent parfois des yeux les jours de tristesse. Assise sur  une chaise, la tête entre les mains, coudes appuyés sur la table, je sanglote sur l'injustice de la vie, c'est alors que mon chat noir arrive, s'assoit près de moi, pose délicatement une patte sur mon bras et m'appelle d'un petit « mbrrou » à peine murmuré, je lève la tête, tourne mes yeux vers lui, je lui dois bien ça et là je croise ce regard que jamais je n'oublierai. Dans ces yeux d'ambre on y lit comme dans un livre : « s'il te plaît, ne pleures plus », oui mais... je lui raconte ma peine, il insiste « mbrrou » en appuyant un peu plus la patte sur mon bras, on dirait presque qu'il va pleurer à son tour. Alors je lui souris, je sèche mes larmes, non pas parce que la tristesse s'est envolée mais pour faire plaisir à cet amour de chat attentionné. Il reste encore un moment, vérifiant que la pluie ne tombe plus et s'en va faire un tour à l'extérieur. Dix minutes plus tard il est de retour et sa toute première occupation est de venir près de moi, encore son « mmbbriou » plus interrogatif cette fois et les yeux dans les yeux nous nous promettons que je ne pleure plus et qu'il peut partir à ses occupations l'esprit serein. Je n'ai jamais trouvé cette attention pleine de tendresse auprès d'aucun humain...

 

Une seule fois il fut la cause de ma peine. Prenant exemple sur Melle chat noir dont je vous parlerai plus loin, il rapporta un lapereau qu'il déposa à mes pieds dans le sous-sol de la maison. J'aime beaucoup les lapins et je ne tolère aucune chasse d'aucune sorte, alors vous imaginez ma déception, ma tristesse ! Lui, cet amour de chat, avoir fait une telle horreur ? Non ce n'était pas possible... et pourtant si. Je lui ai dit « mais qu'as-tu fait là malheureux ? Il est interdit de chasser les lapins, c'est comme pour les oiseaux, maman ne veut pas que tu tues !! »
Il courba l'échine, prit le lapin, alla le cacher sous la grande poubelle dans le garage et il disparut deux heures durant. A son retour il était tout penaud osant à peine me regarder. Je le pris dans mes bras, l'embrassais et lui demandais de ne plus jamais recommencer. Il ne récidiva jamais.

Dernière mise à jour de cette page le 04/03/2010