La Romieu, la légende des chats

L’histoire de La Romieu est intimement liée au pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. 
En 1062, deux moines pèlerins en provenance de Rome prolongent leur pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils font étape dans un petit bourg et décident de s’y arrêter pour fonder un prieuré, une sauveté et un hôpital. Les gascons du village, les appellent les « Roumious », les pèlerins de Rome. Ils laisseront leur surnom à la postérité pour désigner ce village d’étape, qu’ils ont fondé.
À La Romieu les pèlerins étaient en sécurité. Le prieuré bénédictin disposait d’une « sauveté ». C’est une zone de refuge, située autour de l’église. Les voies de pèlerinage n’étant pas toujours sûres, les sauvetés jalonnaient les Chemins de Saint-Jacques. Peu à peu, les sauvetés se transforment soit en « castelnaux », des bourgs sous la protection d’un château, soit en bastides. C’est le cas de La Romieu dont l’humble prieuré est alors entouré d’une muraille. 

La Romieu est  surnommé le « village des chats ». Cette curieuse référence est issue d’une légende médiévale :

«Vincent était bûcheron et sa femme Mariette l’accompagnait dans la forêt pour ramasser du petit bois dont elle faisait des fagots pour l’hiver. Le travail était dur. Vincent et Mariette élévaient des volailles, des cochons et cultivaient des légumes et des fruits. Ils n’étaient pas riches, mais ils avaient à manger.

Au bout de trois ans de mariage, Mariette mit au monde une petite fille qu’ils baptisèrent Angéline. Vincent et Mariette étaient comblés. Hélas un jour dans la forêt, Vincent s’était attaqué à un arbre majestueux. Malheur ! L’énorme tronc est tombé sur lui. Vincent fut écrasé et mourut. Mariette fut inconsolable. Elle perdit l’appétit, elle tomba malade et mourut à son tour deux mois plus tard. On la retrouva allongée dans son lit, avec le bébé dans ses bras.
Angéline fut recueillie par des voisins et fut élevée comme les autres enfants de la famille. Angéline aimait les chats. Il y en avait toujours deux ou trois qui la suivaient partout. Ils mangeaient dans son assiette, ils dormaient dans son lit. Angéline grandit. Elle participait aux travaux ménagers et aux travaux des champs.

En 1342, l’hiver fut très rude. Il en fut de même pendant les deux années suivantes. Le printemps et l’été qui suivirent furent tellement pluvieux qu’il était impossible d’ensemencer les champs : la terre était boueuse, gorgée d’eau.
Plus de semences, plus de récoltes, la disette s’installa. Les habitants de La Romieu n’eurent bientôt plus rien à se mettre sous la dent. C’est alors qu’ils pensèrent aux chats.
Les chats étaient nombreux, ils en firent de la gibelotte, un genre de ragoût au vin blanc.
Angéline était terrifiée. Elle ne pouvait admettre qu’on se mette à manger les chats. ! La famille eut toutes les peines du monde à lui faire comprendre la nécessité : il n’y avait plus rien à manger.

Angéline obtint de sauver deux petits chats, un mâle et une femelle, mais à la condition qu’elle les cache aux greniers, car les gens du village n’hésiteraient pas une seconde à leur tordre le cou.

Angeline les enferma donc au grenier la journée, attendant la nuit pour les lâcher dans la nature afin qu’ils puissent chasser les rats, mulots ou musaraignes dans les bois avoisinants.
Lorsque tous les chats eurent été mangés, la famine fut terrible. Des habitants moururent. Angéline et sa famille adoptive allaient chaque jour dans la forêt pour y chercher des herbes, des racines, des champignons. C’était tout ce qu’il y avait à manger.

En 1345, le beau temps fut de retour. Les villageois purent de nouveau ensemencer les champs et très vite commencèrent à récolter. Mais ils furent confrontés à un autre problème : comme il n’y avait plus de chats, les rats avaient proliféré. Et les rats s’attaquaient aux récoltes. Les paysans étaient désarmés.
C’est alors qu’Angéline fit une annonce qui laissa tout le village ébahi : les deux chats d’Angéline avaient eu plusieurs portées. Ils étaient déjà au nombre de vingt. Angéline déclara qu’elle allait lâcher ses vingt chats dans la nature et que les gens pourraient les adopter. Les rats furent rapidement chassés et exterminés. Angéline avait sauvé le village de La Romieu.
La légende dit qu’au fil des années le visage d’Angéline se mit à ressembler de plus en plus à celui d’un chat
. »

Chat La Romieu

 

Dans les années 90, l’artiste Maurice Serreau profite d’une tranquille retraite à La Romieu. Pour sa compagne et ses amis, il se met à sculpter quelques chats, en hommage à cette jolie légende. Le succès est au rendez-vous et les visiteurs sont séduits par ces chats de pierre. Finalement chaque voisin voudra le sien… Les voilà posés un peu partout sur la place principale, au milieu de leurs congénères, bien vivants.

La Légende des chats La Romieu

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